Rencontre avec Alena Ehrenbold ~ De la Suisse aux Mentawai

Posted: March 6, 2018 by Clémentine

C’est en Guadeloupe sur le spot de l’Anse Salabouelle que j’ai rencontré Alena. Je voyais cette fille à l’eau qui déchirait tout et qui enchaînait les vagues, le tout avec un grand sourire. Qui aurait pu se douter que c’est en Suisse que cette pétillante surfeuse a grandit? Nous avons surfé ensemble toute la matinée, parlé surf, matériel, voyage… C’est tout naturellement que j’ai eu l’envie de vous la présenter ici. 

Hello Alena, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Alena, je viens de Suisse, et suis prof d’éco et de droit à la base. Depuis 3 ans je me concentre sur le surf et les films de surf. 

Depuis combien de temps surfes-tu, où et comment as-tu appris ?

J’ai commencé à surfer quand j’avais 21 ans en vacances au Portugal. Après cela, je n’’ai pas eu beaucoup l’occasion de surfer, comme je vivais en Suisse. J’ai surfé quelques semaines par an quand j’avais des vacances, et surtout dès que je pouvais partir en voyage.

Crédit photo : Yohann Strullu

Avec quel type de planches surfes-tu ? Peux-tu nous dire deux mots sur le(s) shaper(s) avec qui tu prends tes boards  : quel style de planches, quelle est la relation shaper-surfeur, qu’est-ce que ça t’apportes de discuter avec eux?

Je surfe des shortboards classiques de Nick Uricchio « Semente ». J’ai galéré pendant des années à trouver des planches qui me conviennent, et Nick m’a fait mes premiers shortboards adaptés à mon gabarit et mon niveau. Ca a été une révélation de surfer enfin sur des bonnes boards !

Il y 4 ans j’ai aussi commencé à surfer un rétro fish de Robin Goffinet « ROB Surfboards ». Robin est devenu un bon ami, on surf souvent ensemble. Ca m’a définitivement fait progresser de surfer des planches différentes. A partir de là Robin et moi avons travaillé sur les boards, et mon quiver a évolué au fil des années.

Crédit photo : Tom Toledo

Tu voyages beaucoup, quelles sont tes destinations favorites et pourquoi ?

J’adore la France, la culture, les vagues, les gens. Je passe beaucoup du temps en Indonésie, les vagues sont juste parfaites. J’aime aussi beaucoup l’Amérique centrale : la vie est plus tranquille là-bas, ce sont aussi des vagues de sable sur lesquelles il est plus facile de tenter des choses que sur le reef, on se blesse moins.

En vadrouillant tu as surement rencontré d’autres surfeuses, quel est ton point de vue sur le surf féminin ?

Le surf féminin a énormément évolué ces derniers temps. On voit beaucoup plus de filles dans l’eau qu’avant et elles surfent de mieux en mieux. Et en même temps – bizarrement –  je trouve que l’image de surfeuses est souvent abusée, de plus en plus «sexualisée». En tant que surfeuse tu doit être élégante, jolie, mince, faire de jolis canards, ne pas prendre trop de vagues.. Ca m’est déjà arrivé que des magazines de surf me disent : « c’est une très bonne photo, un super turn, mais c’est trop sportif, la photo n’est pas assez sexy, tu n’as pas une photo où tu marches sur la plage plutôt ? ». Bien sûr j’aime aussi les jolis bikinis et être féminine, mais je ne veux pas qu’être élégante et assise sur ma planche dans l’eau. J’adore surfer et tenter des choses, ce qui inclue de fait tomber, et forcément ce n’est pas très élégant 😉.

Tu as réalisé un film, « Blue Road », est-ce que tu peux nous dire comment t’es venu cette idée, comment tu as rencontré les deux autres surfeuses du film, qu’est-ce que tu souhaites transmettre à travers ce film ?

Je me suis demandé pendant des années, quel rôle devait jouer le surf dans ma vie, puis de façon plus générale, quel rôle doit tenir une passion dans une vie. Je me suis alors rendue compte que beaucoup de personnes se posaient la même question, entre autre Rachel et Annabel (les deux autres protagonistes du film). Je connais Rachel car nous avons surfé ensemble pour la team nationale de Suisse. J’ai rencontré Annabel en Bretagne, car j’y passe pas mal de temps. J’espère que le film peut amener les gens à réfléchir sur leurs choix de vie et au rapport qu’ils entretiennent avec leurs propres passions.

Des projets de film / des voyages à venir ?

Oui, je suis en train de tourner un film surf mon shaper Robin – c’est un projet super inspirant ! Et là je suis en Indonésie où je vais faire guide et coach privé pour 5 surfeuses !

Crédit photo : Peter Beavis

Toi qui est habituée à voyager aux quatre coins du monde, as-tu des conseils à donner aux surfeuses-voyageuses ?

J’ai beaucoup voyagé seule car je n’avais pas trop d’amis surfeurs à la base, comme je viens de Suisse. Ca m’a forcée à découvrir des endroits, à m’informer, à me motiver et à progresser toute seule. Mon tip : ne se pas laisser décourager et surfer dans toutes les conditions, même lorsqu’elles ne sont pas évidentes!

 

QUESTIONS “ON THE GO” :

Ton quiver parfait ? 5’6 pour des petites vagues, 5’9 pour des bonnes vagues, 6’2 pour shooter des grosses vagues.

Ta vague préférée ? Il y en a trop.. Dès qu’une vague déroule je suis heureuse 😉

Une source d’inspiration ? La nature et les histoires des gens.

Un surfeur / surfeuse que tu admires ? Des surfeurs / surfeuses qui fracassent mais avec une bonne attitude.

3 titres incontournables de ta playlist ? Misun: Hills and Trails, Grimes: Genesis, Cigarettes After Sex: Apocalypse

Ton conseil pour progresser en surf ? Surfer, surfer, surfer et observer les autres.

Merci Alena, à très vite ! 🙂 Merci beaucoup à toi, c’était un grand plaisir de te rencontrer dans l’eau !

 

Le trailer du film Blue Road :

Crédit photo : Kandui Resort

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