Un stage près d’un spot mythique.

Toute personne qui fait des études se voit un jour dans l’obligation de chercher un stage.
Évidemment, lorsque l’on est surfeuse ou surfeur, la tentation est grande de choisir une entreprise située dans un coin sympa, avec une jolie vague qui déroule pas loin.

En 2012 j’ai été confrontée à cette situation, dont j’ai su tirer le meilleur profit: un stage au top professionnellement parlant, sur un spot de classe mondiale: Raglan, en Nouvelle-Zélande.
 

L’entreprise, cabinet d’océanographie, est située à deux pas des trois spots qui s’enchaînent sur la côte, à savoir Manu Bay, Whale Bay et Indicators. Au niveau du surf, l’entreprise est très claire: on est là pour travailler, conclure des projets d’ingénierie, c’est du sérieux. Oui mais il est quand même indiqué clairement “No restriction for surf”. Aaah! Mon premier contact dans l’entreprise à été plutôt… hors du commun. Bien habillée pour mon premier jour de boulot, décontract’ mais pas trop, j’arrive à 9h pile (heure de rendez-vous conclue avec James, mon maître de stage) à l’entreprise. Et là, surprise: personne, hormis la secrétaire, qui semble fortement étonnée de me voir arriver si tôt, alors qu’il y a des vagues. Après une demi-heure d’attente et de lecture de magazines de surf (certains datant des années 90, un régal!), je vois arriver James, en boardshort et tee-shirt douteux aux couleurs passées sur lequel on peut lire “I love Bali”. Mes missions me sont expliquées brièvement avec un accent “kiwi” à couper au couteau, entre un coup de déo et une tasse de café, puis c’est la pause de midi et la marée est bonne. Tout le monde déserte. 

Évidement, il ne faut pas croire que personne ne bosse dans cette entreprise. Pour la plupart ingénieurs hautement diplômés, ces gars là sont aussi calés en calculs de couches de sédiments qu’en cut backs. Les journées de bon surf, l’équipe se retrouve à l’eau (souvent très tôt le matin), mais reste également très tard le soir et les weekends pour boucler les projets. Le temps de travail est simplement réglé en fonction des swells et des marées. Encore mieux que le rêve américain, c’est le rêve néo-zélandais. Très vite, le rythme est pris: j’arrive en slaps, cheveux encore mouillés et salés, et je fais moi aussi de longues pauses chez Bobo’s le café du coin afin de débriefer ma session. Loin des clichés du surf business, l’entreprise révèle plutôt une ambiance teintée d’authenticité, digne des histoires qui nous ont fait rêver dans les Surfer’s Journal. Ici les marques n’ont pas bonne presse, et le petit village de Raglan est une surf city miniature où le temps semble s’être arrêté dans les années 80.

Évidement, en ce qui concerne le stage, il n’a pas été facile de trouver une bibliothèque pour m’aider à écrire mon mémoire. Cependant j’ai trouvé de très bonnes gauches, et mon surf s’est considérablement bonifié.

La suite? L’entreprise connaissant quelques conflits au sein de son équipe de management, le bureau a finalement fermé. J’ai donc du trouver un deuxième stage, et devinez quoi, c’était encore une fois dans un endroit sympa, empreint de culture surf: Byron Bay. On ne change pas les bonnes habitudes…

photo: missyfruit

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